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Publié le : 29/07/2014 29 juillet juil. 07 2014

Le développement des technologies numériques a démocratisé l'utilisation des appareils personnels (smartphones, tablettes, ordinateurs portables etc.) dans le cadre professionnel, apportant flexibilité et confort de travail aux salariés ayant recours au BYOD (Bring Your Own Device). Dans une récente lettre IP, la CNIL analyse les mutations en cours et présente les questions importantes qui se posent à l'heure actuelle aux entreprises :

· gestion des besoins des salariés mobiles de l'entreprise ;

· étendue et légitimité du contrôle de l'entreprise sur ses employés ;

· évolution des modes d'évaluation et des indicateurs de performance.

La problématique du recours au BYOD par les salariés est la suivante : les entreprises se trouvent tiraillées entre la pression des employés, qui sont devenus prescripteurs, et la résistance des responsables des systèmes d'information, liée à un sentiment de perte de contrôle. La circulation de données de l'organisation au sein d'un terminal non contrôlé peut être source de risque, pouvant inciter les entreprises à surveiller, de façon intrusive, les terminaux personnels.

Plusieurs pistes sont présentées afin de contrer ces surveillances intrusives :

· recours au MDM (Mobile Device Management) : les salariés déclarent et enrôlent leurs terminaux auprès de l'employeur qui pourra les contrôler à distance afin de sécuriser les données de l'entreprise ;

· afin de respecter l'espace privé du salarié, des dispositifs de "conteneurisation" émergent : ils permettent de partitionner la mémoire de l'appareil du salarié et de n'exercer une surveillance que sur les applications et usages professionnels ;

· dans le cadre du télétravail, le recours à des environnements sécurisés et cloisonnés, le chiffrement des données stockées, le chiffrement des flux peuvent également être envisagés.

L'attention du lecteur est aussi attirée sur le fait que ces moyens d'accès, via un matériel n'appartenant pas à l'entreprise, aussi nécessaires et équilibrés qu'ils soient ne doivent pas conduire à mésestimer l'inventivité des modes de contournement par les salariés (photographie d'écran, envoi de documents sur la messagerie personnelle etc.).

La lettre d'information présente également un second aspect du BYOD, qui, outre l'apport d'un confort aux salariés dans l'exercice de leurs tâches, serait susceptible de s'intégrer dans un processus de rationalisation managériale en permettant :

· la fourniture d'indicateurs de performance professionnelle (nombre de mails envoyés, ajouts de contacts, modifications de documents) ;

· l'analyse du bien être des salariés : moments privilégie de la journée pour travailler, pratique d'une activité physique mesurée par le biais d'un bracelet ou d'un podomètre connecté, recours à des capteurs enregistrant leurs déplacements, leurs interactions sociales.

Le recueil de ces données vise à optimiser l'efficience au travail, posant cependant la question de la pertinence et de l'efficacité tant dans l'analyse des données que dans l'utilisation qui peut en être faite par l'entreprise.

Sources : CNIL, article, 18 juillet 2014

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